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Catastrophe Ecologique : Rapport de la réunion tenue à la Sucrafor le 20/07/2011 à Zaïo

vendredi 22 juillet 2011, par Najib Bachiri

Catstrophe Ecologique

Suite à la demande de certaines associations de la société civile dans la Région Orientale du Maroc notamment l’association Homme et Environnement de Berkane, Espace de Solidarité et de Coopération de l’Oriental, l’association Chems pour l’éducation, la citoyenté et l’environnement d’Ahfir et l’association Moubadra pour le développement durable et le tourisme, s’est tenu au bureau de Mr le Directeur Général de la Sucrafor de Zaïo, une réunion le mercredi 20 juillet 2011 à 17H00 pour discuter de la catastrophe écologique qui a provoqué la mortalité des poissons de différentes espèces aquatiques de la Moulouya.
La séance a été ouverte par Mr le Directeur général de la Sucrafor, accompagné par le Directeur technique et la responsable du département QSE (Qualité, Sécurité, Environnement), en souhaitant la bienvenue aux représentants des associations de protection de l’environnement dans la région orientale qu’il considère comme partenaires et a confirmé que la porte de son administration est toujours ouverte pour discuter des problèmes touchant la population et son environnement. Après le mot de bienvenu un important exposé a été effectué par la responsable du département QSE pour rappeler l’historique et l’importance socio-économique de cette unité qui revêt une importance aussi bien au niveau régional qua national en mettant l’accent sur les investissements qui ont été réalisés par la Sucrafor pour améliorer l’environnement et remédier aux réclamations de la population riveraine concernant les odeurs émises par l’unité industriel.

En relation avec la catastrophe écologique qui a eu lieu à la Moulouya, les responsables de la Sucrafor ont affirmé l’absence de preuves mettant en cause l’usine que leur unité n’à aucun lien avec cette mortalité qui a été notée ces derniers jours et que leur usine n’utilise aucun produit toxique à part la chaux qui est utilisée dans le processus de fabrication.
Après cet exposé, la parole a été donnée au président de l’association Homme et Environnement qui a rappelé l’historique des catastrophes similaires qui ont eu lieu dans la région au courrant des années 80 et 90 en s’appuyant sur la lettre qui a été adressé par Mr le Gouverneur de Berkane en 1996 à Mr le Directeur de la Sucrafor.
La parole a été ensuite donnée au président de l’Espace de Solidarité et de Coopération de l’Oriental qui a rappelé l’ampleur de la catastrophe écologique et a exposé la méthodologie adoptée par les associations pour prospecter le terrain et la prise des échantillons d’eau et de poissons depuis l’Embouchure de la Moulouya jusqu’au lieu de rencontre de la rivière de la Moulouya et l’Oued Zebra qui draine l’effluent de l’usine de Sucrafor de Zaïo. En amont de ce lieu la situation est normale et aucun cadavre de poisson n’a été détecté. En revanche la rivière à partir du contacte de l’effluent de couleur noir et d’odeur répugnante de Oued Zebra, qui vient se mélanger aux eaux bleues de la Moulouya est jonchée de cadavres flottant à la surface des eaux le long des 50 Km qui la séparent de l’embouchure de la Moulouya. De l’avis de Mr le Directeur de l’Agence du Bassin de l’Hydraulique de la Moulouya qui a rejoint la réunion à l’occasion de sa prospection des lieux dans ce cadre. Donc d’après les associations de protection de l’environnement il est manifeste que la source de la pollution qui a causé ces dégâts se trouve bien à Zaïo en occurrence à la sucrerie de Zaïo.
Il résulte de cette rencontre que les responsables de la sucrerie ont mis l’accent essentiellement sur la nouvelle technologie qui a été installée pour limiter les rejets en boues qui sont actuellement desséchées et transformées en déchets solides et transportés par des camions dans une décharge contrôlée au lieu d’épandre les boues dans les bassins pour décantation et dessèchement ce qui provoquaient des désagrément à la population en omettant l’emploi d’autres produits chimiques qui sont utilisés dans l’usine. Par ailleurs les responsables de l’usine ont confirmé leur volonté de réduire leur consommation en eau et par conséquent leurs rejets liquides.
Pour clore cette réunion le Directeur de la Sucrafor a confirmé de nouveau sa volonté de communiquer avec la société civile et que les portes de son administration sont ouvertes au dialogue et à la concertation comme il s’est engagé de stopper les écoulements liquides de l’usine vers la Moulouya.
De retour, les associations ont effectué une autre visite au Douar Ouled Kadour au voisinage de la rencontre de Oued Zebra avec la rivière de la Moulouya où est déversée une eau polluée noir et de mauvaise odeur en provenance de la Sucrafor qui a causé, selon le témoignage de tous les habitants du Douar, la mortalité des ovins, caprins, des tortues et des poissons.

Les signataires :

- Association Homme et Environnement de Berkane,
- Espace de Solidarité et de Coopération de l’Oriental,
- Association Chems pour l’éducation, la citoyenté et l’environnement d’Ahfir,
- Association Moubadra pour le développement durable et le tourisme, Zaio